De retour à Salsipuedes

Journal de bord du 22 au 24 nov.

Hola amigos !!! Voilà enfin de nos nouvelles ! Après notre dernier message (via Facebook seulement), nous avons continués notre route infinie au Chili où nous nous sommes retrouvés face à des paysages et à des rencontres aussi belles que, parfois, difficiles… 

Nous sommes désolé pour tous ceux qui aurait aimé suivre nos aventures plus souvent, mais nous avons eu énormément de mal à trouver des connections wifi ainsi qu’ordinateur. Le nord du Chili est à vrai dire, un lieu, un espace, une terre quasiment désertique. Nous étions très souvent délaissé de la main de l’homme, au beau milieu d’une nature aride, sans hommes, ni maison.

La double face du désert 

Après avoir passé deux jours à San Pedro de Atacama, nous nous sommes égarés sur un chemin de minier où plus rien de notre réalité déshumanisé n’était présente. Nous étions pendant quelques jours confrontés à une peur, une inquiétude de ne plus jamais voir la fin de ce sentier terreux… Mais c’était bien ce que l’on voulait, d’une certaine façon, traverser les routes dénuées de la trace humaine. Un paradis pour les yeux, les sensations, la tranquillité, mais une prison inlassable pour les jambes, le moral, notre conviction. Le fâcheux chemin dans lequel nous étions entrain de nous enfoncer avec nos vélos était fait de caillasse, sableux, martelés de vaguelettes, troués et creusés d’anciennes rivières asséchées, ne cessant pas de grimper et de descendre ; il fut notre ennemi pendant les quatre jours suivant. Les mains sur le guidon, asséchés, les montagnes ne se lassaient pas d’apparaître de plus belles, les unes après les autres. Puis en franchissant ce qu’on pensait être la dernière colline , nous nous apercevons qu’en haut du sommet d’autres aussi féroces nous attendaient par dizaine pour nous emmener au bout de l’étroite frustration qui te brule toutes tes forces, tes articulations, ta niaque, ton humeur. Tu en pleures crispant ton vélo. Sans savoir où ces montagnes nous menaient, nous devions désespérément poursuivre notre route dans l’espoir d’une lumière, d’une goutte d’eau. Sans plus aucune attente, c’est à ce moment là qu’une voiture rencontre notre chemin. En sens inverse malheureusement, mais donnant eau et confiance. Apparemment l’itinéraire que nous suivions se terminerait trois à quatre cent kilomètre plus loin, où ni campement, ni eau, ni minier ne s’y trouvent. Notre seule chance de s’enfuir d’ici est alors de récupérer la route 5 en passant par la minerais Escondida située à 70 km. En étant rationnels, regardant l’état de la route, de notre motivation et de l’eau en notre possession, nous mettrons deux à trois jours en vélo pour se rendre à la mine. Sans se retourner, nous avançons la tête dure. Quelques kilomètres plus loin nous rencontrons d’autres travailleurs qui nous offrent de l’eau et à manger. Repus, nous pédalons à peine une centaine de mettre, que nous croisons enfin une camionnette dans notre direction. Dans l’auto nous découvrons le chemin qu’il nous restait à faire, une belle route, avec même des maisons abandonnés et un peu d’eau, mais encore longue à n’en plus créer de souffle, graveleuse et glissante même pour les voitures. Arrivés à la mine Escondida, nous découvrons un tout autre monde, battit au milieu du désert. Immense, destructeur, désillusionné un monstre de ferraille entouré de route goudronnée et taché de camionnettes rouges, qui fracassent la terre à la recherche de l’or vert. Le minier à la camionnette rouge borné, infatigable, à la rétine voilée par le soleil qui à cesser de le brûler, vient s’emparer de sa main mécanique la richesse de la terre du nord.

Dirigeant sur-dimensionnel, maître et puissance de cette funeste fortune, terreur de la nature, la mine Escondida sort digne d’un film de science-fiction…

Epuisés, essoufflés, exténués, écoeurés, en sang, en pleur, l’homme est le monstre de l’homme. De qui pourriez vous avoir le plus peur ? De vous. Abandonner ne change rien, combattre ne change rien, rester figé ne change rien. Il n’y a plus qu’à devenir pierre, la pierre de la pierre et se transformer en poussière d’étoile.

R.L.

De là, nous continuons à pédaler et faisons une ascensions bien méritée d’une vingtaine de kilomètres, mais toutefois dangereuse à cause des centaines de camions qui te frôlent et te klaxonnent.  Nous faisons notre camp caché par des tas de sable artificiels, proche de la route, bombardés par les lumières de voitures et de moteurs…

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